Allergie à la coriandre, version coloc

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Deux ans de salsa spéciale. Puis l’évier.

Jour d’emménagement. Léa, la coloc, pose une question de cuisine banale : la coriandre, ça passe ? Camille entend « céleri ». Et, sans trop réfléchir, invente une allergie.

Ensuite, il a fallu tenir. Ce n’est plus une blague de couloir. C’est une règle de l’appartement.

La vie d’une allergie inventée

  1. Le malentendu. Une herbe pour une autre. Camille n’a pas corrigé. Léa a noté, comme on note « pas d’arachides ».
  2. L’entêtement. Revenir en arrière, le soir même, aurait été simple. Camille a doublé la mise. Allergie, donc. Point.
  3. Les étiquettes. Pendant deux ans, Léa a lu les pots. Elle a choisi la salsa sans. Elle a fait le travail d’une coloc qui croit protéger quelqu’un.
  4. Les tacos. Camille, elle, mangeait des tacos de rue dans la voiture. Les sacs finissaient dehors, plus loin que la poubelle de l’immeuble.
  5. L’évier. Une poignée de coriandre crue, le casque sur les oreilles, la certitude d’être seul. Léa n’était pas sortie.

On n’a pas la réplique de Léa. On a le tableau : l’évier, le vert, le casque. Deux ans pour une oreille distraite. C’est long, pour du céleri.