Allergie à la coriandre, version coloc

Deux ans de salsa spéciale. Puis l’évier.
Jour d’emménagement. Léa, la coloc, pose une question de cuisine banale : la coriandre, ça passe ? Camille entend « céleri ». Et, sans trop réfléchir, invente une allergie.
Ensuite, il a fallu tenir. Ce n’est plus une blague de couloir. C’est une règle de l’appartement.
La vie d’une allergie inventée
- Le malentendu. Une herbe pour une autre. Camille n’a pas corrigé. Léa a noté, comme on note « pas d’arachides ».
- L’entêtement. Revenir en arrière, le soir même, aurait été simple. Camille a doublé la mise. Allergie, donc. Point.
- Les étiquettes. Pendant deux ans, Léa a lu les pots. Elle a choisi la salsa sans. Elle a fait le travail d’une coloc qui croit protéger quelqu’un.
- Les tacos. Camille, elle, mangeait des tacos de rue dans la voiture. Les sacs finissaient dehors, plus loin que la poubelle de l’immeuble.
- L’évier. Une poignée de coriandre crue, le casque sur les oreilles, la certitude d’être seul. Léa n’était pas sortie.
On n’a pas la réplique de Léa. On a le tableau : l’évier, le vert, le casque. Deux ans pour une oreille distraite. C’est long, pour du céleri.