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Bac noir neuf devant une maison récente, étiquette de prix, rue vide.

La poubelle des voisins

Maison neuve. Aline et Marc achètent un bac à cent euros. Les voisins âgés n’en ont pas. Le jour des ordures, le bac est devant chez eux. Le voisin dit que la ville le lui a apporté. Personnellement. Aline et Marc rachètent. Un deuxième. Le trottoir a deux bacs. Un seul foyer les a payés.

Imprimante ouverte, rames encore sous plastique, file d’attente à l’écran.

La rame emballée

Youssef descend. L’imprimante de l’étage. Quatre erreurs. Charger le bac. Un. Deux. Trois. Quatre. Il ouvre. Une rame. Encore sous plastique. À côté de l’endroit. Les quatre. Il déchire. Il pose. Les files partent. Agnès : on vient de mettre du papier. Youssef : oui. À côté. Il remonte. Le plastique reste dans la corbeille.

Comptoir de boutique jeux années 90, boîte étiquetée, listing stock, tiroir vide.

L’historique du rayon

Sandrine ramène un jeu cher. Pas de ticket. L’étiquette du magasin, oui. Clément ouvre l’historique de cette référence unique : sortie en vol, remise en rayon, ressortie. Jamais vendue. Joël refuse le retour. Interdit de magasin. Clément regarde. Le spectacle tient tout seul.

Ordre du jour imprimé, plan de jardin, adresse complète au feutre.

L’ordre du jour

Le syndic sort. Le quartier l’a déjà remplacé. Avant de partir, il affiche. Le projet de Camille. Conforme. Sans vote. Adresse complète. Commentaires ouverts. Ce n’est pas un paysage. C’est une sortie. Les voisins lisent. L’avocat aussi. La plainte existe déjà. L’agenda fournit la pièce. Camille n’a rien changé dans le jardin. Elle a changé de destinataire.

Cuisine et salle de bain, nains de jardin minuscules cachés parmi les tasses.

Cinquante nains

Hugo déteste les nains d’intérieur. Ceux du jardin, ça va. Les amis notent. Pendant les vacances, Mathis garde le chat. Il cache plus de cinquante nains minuscules. Chambre. Cuisine. Salle de bain. Au retour, Hugo en trouve encore. Sous une tasse. Derrière le rideau.

Derniers articles

Fiche client, notes coupées ligne à ligne, écran qu’il faut faire défiler.

Une phrase par ligne

Inès note. Horodatée. Claire. Muriel, l’assistante, ne trouve pas. Puis trouve. Puis dit : mauvais format. Inès coupe. Une phrase. Une ligne. Muriel scrolle. Elle n’aime plus. L’entretien. Inès montre les mails. Sabine clôt. Muriel a demandé. Elle a reçu. En réunion, elle parle moins. Les lettres partent. Les lignes aussi.

Entrepôt la nuit, checklist au râtelier, issue de secours, transpalette.

La checklist exacte

Didier, nouveau à l’entrepôt, recadre quelqu’un sur une liste de fermeture déjà morte. Le soir d’après, Nora suit chaque ligne. Issues inutilisées. Éclairages de secours, section par section. L’équipe attend presque une heure. Didier voit la liste. La semaine suivante, elle est à jour. La moitié a disparu.

Calendrier partagé, badge d’accueil, colis sur le comptoir vide.

Propriété partagée

La réceptionniste part. On attend une embauche. Céline ouvre un calendrier. Onze noms. Deux heures chacun. Porte. Colis. Appels. Théo garde ses dossiers. Les mêmes délais. Le vendredi, réunion. L’essai est un succès. Le poste n’existe plus. Propriété partagée. Onze personnes. Un salaire en moins.

Bac vert au trottoir à l’aube, horloge à sept heures, camion au loin.

Poubelles à sept heures

Le syndic écrit en gras : bacs à sept heures, pas avant, pas après. Léa règle le réveil à six heures cinquante-cinq. Le bac sort pile. Le camion passe souvent plus tôt. Les bacs ratent. Ils restent pleins une semaine. Ça sent. Le mail suivant autorise la veille au soir, ou tôt le matin.

Écran réseau éteint à sept heures, casque, usine en fond de visio.

Huit à cinq

Arnaud tient le réseau d’une usine qui démarre à sept. Il arrive à sept. Il part à seize heures. Un terminal. Un après-midi. Une amie de Sylvie. Le lendemain : restez jusqu’à dix-sept heures. Il applique. Huit à cinq. Deux semaines. À sept heures, l’usine appelle. Il vient de se réveiller. Personne ne parle plus de seize heures.

Bureau réseau, horloge, baie et téléphone, tasse encore vide.

Huit heures pile

Malik arrive à sept heures pour qu’une usine démarre. Il part vers seize heures. Un poste du bureau tousse à seize heures trente. Céline exige dix-sept heures. Malik passe à huit–dix-sept. Deux semaines plus tard, panne à sept heures. Il se réveille. Personne n’annule. Personne ne dit plus rien à seize heures.

Pointeuse d’open space, mail RH imprimé, glace fondue sur un ticket.

Trente minutes automatiques

Nouveau logiciel. Trente minutes de pause, retirées toutes seules. Julien en prend de plus longues. Il demande. Nadège écrit : ne pointez pas, c’est automatique. Il obéit. Deux heures en ville. Une glace. Le système retire trente minutes. Le reste devient des heures. On lui impose des jours. Pendant deux ans et demi. Jusqu’à la prochaine vente.

Sas pharmaceutique vitré, chariot jaune coincé, flacon de javel de l’autre côté.

Le sas sans javel

Nuit en pharma. Les sas demandent la javel et le temps de contact. Béatrice coupe l’avertissement : maintenant. Yann fait le tour du bâtiment. Il reste coincé dans le sas, chariot, sans habilitation pour mélanger. Deux heures. Béatrice le voit derrière la vitre. Elle boucle. Elle prépare. Elle attend. Elle le rejoint. Silence.

La lettre, quand il y en a une

Pas de ritournelle le lundi matin. Ton e-mail, rien d’autre — et seulement si on a vraiment quelque chose à raconter.

On s’en sert uniquement pour t’écrire, s’il y a une lettre. Pour retirer l’adresse : contact@ennuipas.com.

Bac noir neuf devant une maison récente, étiquette de prix, rue vide.

La poubelle des voisins

Maison neuve. Aline et Marc achètent un bac à cent euros. Les voisins âgés n’en ont pas. Le jour des ordures, le bac est devant chez eux. Le voisin dit que la ville le lui a apporté. Personnellement. Aline et Marc rachètent. Un deuxième. Le trottoir a deux bacs. Un seul foyer les a payés.

Comptoir de boutique jeux années 90, boîte étiquetée, listing stock, tiroir vide.

L’historique du rayon

Sandrine ramène un jeu cher. Pas de ticket. L’étiquette du magasin, oui. Clément ouvre l’historique de cette référence unique : sortie en vol, remise en rayon, ressortie. Jamais vendue. Joël refuse le retour. Interdit de magasin. Clément regarde. Le spectacle tient tout seul.

Imprimante ouverte, rames encore sous plastique, file d’attente à l’écran.

La rame emballée

Youssef descend. L’imprimante de l’étage. Quatre erreurs. Charger le bac. Un. Deux. Trois. Quatre. Il ouvre. Une rame. Encore sous plastique. À côté de l’endroit. Les quatre. Il déchire. Il pose. Les files partent. Agnès : on vient de mettre du papier. Youssef : oui. À côté. Il remonte. Le plastique reste dans la corbeille.

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