Au secours dans le jeu

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Il criait au secours. Le voisin a cru la maison.

Hugo garde la maison d’un couple en voyage. Plantes, chat, consignes sur le frigo, code de la sonnette. Le pavillon est trop calme pour quelqu’un qui n’y dort pas vraiment. Le soir, un raid. Jeu de tir en ligne, casque, volume trop honnête pour une cloison.

Il crie au secours. Puis encore. Plus fort, parce que l’équipe n’entend pas, ou fait semblant. C’est le rôle. C’est aussi une mauvaise phrase près d’un mur mitoyen, à l’heure où les rues n’ont plus d’excuse.

Le voisin est pompier. Il entend. Il connaît les vrais appels, et ceux qui les imitent trop bien. Il frappe. Hugo, dans le raid, n’entend que l’équipe et une explosion qui n’existe pas. Le voisin entend d’autres « au secours ». Il n’aime pas attendre derrière une porte qui ne s’ouvre pas.

Il essaie le pied. Pas un film. Un vrai élan, le genre qu’on enseigne, le genre qui coûte un dormant. Le bois proteste. La sonnette connectée filme déjà : porche, épaule, deuxième coup, la lumière du capteur trop blanche.

Hugo arrache le casque. Le chat a disparu sous un meuble. Il ouvre avant que le cadre lâche. La poignée lui reste dans la main trop longtemps, comme une preuve.

Deux hommes dans l’entrée. L’un en chaussettes. L’autre prêt à sauver, encore dans le geste. L’écran, derrière, continue de tuer des silhouettes qui n’existent pas. Une voix dans le casque demande où il est. Hugo ne répond pas à celle-là.

Il s’explique. Raid. Cris. Maison d’autres. Le voisin écoute, encore en mode intervention. Il regarde le salon, les plantes, l’absence de sang. Puis il rit d’un rire court, le rire de celui qui a failli payer une porte pour un jeu.

Ils regardent l’extrait sur le téléphone du seuil. On y voit le bien. On y voit aussi le malentendu, net, daté. Hugo baisse le son. Il dit « j’ai besoin d’aide » désormais, plus bas, ou plus loin du mur. Ou il écrit, ce qui n’inquiète personne.

Le couple, au retour, trouve une porte intacte et une histoire. Ils remercient le voisin. Une bouteille, peut-être. Ils demandent à Hugo s’il peut garder encore. Il dit oui. Avec un casque qui fuit moins vers le palier, et une consigne de plus sur le frigo : prévenir le pompier si on crie pour de faux.

Le raid, ce soir-là, était perdu. La maison, non. Hugo arrose les plantes le lendemain, plus doucement qu’il n’avait crié.