Ce n’est pas un uniforme

Regardez-moi. Ensuite, les chargeurs.
Valérie a cinquante-cinq ans. T-shirt skull, rangers, serre-tête oreilles de chat, collants rayés, cheveux coucher de soleil. Elle n’est pas en service. Elle cherche un portable, rayon multimédia d’un grand hypermarché — le genre de hangar où l’on vend aussi des yaourts, trois allées plus loin.
Un jeune client s’approche. Les chargeurs de téléphone, s’il vous plaît. Le ton est celui qu’on réserve au gilet. Valérie n’a pas de gilet.
Le regard
- La veste. Elle l’ouvre. Le look suffit. Pas de badge, pas de talkie, pas de sourire d’accueil.
- Le client. Il part, gêné. Plus de question. Plus de rayon.
- Le couple. Un peu plus loin, deux personnes rient. Pas méchamment. Le tableau se tenait tout seul.
Ce n’était pas un uniforme. Ça ne l’a jamais été. Dans un hangar trop grand, on confond parfois le personnel et ce qui ne ressemble à rien d’autre. Valérie, elle, a juste besoin d’un portable.