Cinquante euros de plus

1 min de lecture

Le diplôme. Puis cinquante euros.

Nadège a encore passé une qualification. Liée au métier. Du temps. De l’argent. Des soirs sur les manuels, après la journée. Ce n’est pas un hobby. C’est une ligne qu’on ajoute au dossier, et qu’on croit voir sur la fiche de paie.

L’augmentation arrive. Cinquante euros par mois, à peu près. De quoi remarquer. Pas de quoi rattraper les soirs.

La charge, elle, grimpe plus vite. On attend davantage. On parle de développement professionnel comme d’un hymne. Puis on paie le couplet le plus court.

Nadège écoute les phrases. Elles sont belles. Elles tiennent moins que cinquante euros. Le métier aime les diplômes. Il les aime moins une fois encadrés.

Elle arrête. Plus de palier gratuit. Plus de soir pour une entreprise qui chante juste. Elle a déjà donné le temps. Elle n’offre plus le suivant.

Ce n’est pas une démission. C’est une fin de niveau. Les jeux le font mieux : au moins, là, l’expérience se voit. Ici, l’expérience se facture cinquante euros et une réunion de plus.

Elle range les manuels. Pas au bac. Sur une étagère, au cas où un autre employeur saurait compter. Celui-ci a déjà compté. Trop juste.

Le lundi, le travail est le même, un peu plus lourd. Nadège le fait. Elle ne le décorera plus d’un certificat offert. Cinquante euros ont clos le catalogue.

On peut aimer progresser. On peut aussi lire une fiche de paie. Les deux phrases se regardent. Nadège a choisi la deuxième. Elle a déjà assez étudié pour ça.