Deux pièces d’identité

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Deux. Pas une.

Inès tient le guichet 3. Monsieur Pellier vient le mardi. Vingt-deux ans. Le même chèque de loyer. Un passeport. Ça avait suffi. Puis un contrôle. Elle reçoit un mail. Deux pièces. Aucune exception. Y compris les visages connus. Y compris le personnel. C’est écrit. Elle l’affiche. Sous la vitre.

Le mardi suivant, Pellier sort une carte Vitale. Il rit. Ça va plus vite. Il a compris le nouveau jeu. Inès tamponne. Rien à redire.

Mercredi, Honoré, le directeur d’agence, arrive. Un chèque à déposer. Son badge autour du cou. Rien d’autre. Le badge n’est pas une pièce. Elle le dit. Il connaît son nom. Elle aussi. La file derrière lui s’allonge d’un homme et d’une poussette.

Il appelle la région. La région lit le mail. Elle a appliqué. Honoré reviendra. Il reviendra le lendemain. Carte et permis. Il ne rit pas. Pellier, dans le hall, le salue. Deux papiers à la main. Par habitude.

Trois semaines. Une phrase nouvelle : le personnel de l’agence, sur présentation du badge, est dispensé. Signée. Inès la glisse sous la vitre, à côté de l’autre. Pellier la lit. Il continue d’en apporter deux. Et un peu pour voir si la première note tient encore. Elle tient. Pour lui.