Je vends pas ma vie

Le voisin a cru à une faillite.
Noémie vide l’appart : chaise, micro-ondes, étagères, vêtements. Un mois de petites annonces, prix bas. Des inconnus descendent l’escalier avec du cash et un meuble.
Le voisin d’en face voit le ballet. Il demande, tout bas, si ça va — l’argent, le loyer. Il a même hésité, avec une autre voisine, à proposer un sac de courses.
Noémie dit qu’elle va bien. Qu’elle fait des lives. Ça sonne pire. L’étage a maintenant une théorie : un loyer de retard, et elle disparaît.
Elle n’a rien vendu de sa vie. Juste ce qui prenait de la place. L’étage, lui, a vendu l’histoire.