La chaise du conseil

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Autant de chaises que de sièges. Pas une de plus.

Lucile prépare la salle. Après les interminables — un ancien, resté, deux heures, plus d’ordre du jour — Hubert, le président, compte. Six élus. Six chaises. Les autres, au placard. Cadenas. Une note. Elle aligne. Elle aime aligner. On entre. On s’assoit. On vote. On sort. Personne n’a demandé le suppléant. Personne n’a demandé le quorum. On a dit six. On avait six.

Un suppléant. Debout. Le titulaire est malade. Lucile ne sort pas de chaise. Le cadenas. La clé est à Hubert. Il est en retard. Le suppléant reste. Les autres aussi. On ne commence pas. Le règlement : assis. Hubert arrive. Debout, lui aussi, le temps d’ouvrir. Il n’ouvre pas. Il a oublié la clé. Dans le manteau. Au vestiaire. En bas.

On attend. Dix minutes. Le vestiaire ferme à dix-huit heures. Il est dix-huit heures deux. Lucile le dit. Hubert descend. Il revient. Sans manteau. Sans clé. Ici, six chaises. Toujours. Le suppléant s’assoit sur le rebord. Ce n’est pas une chaise. On ne vote pas. On lève. On note. On lève encore. Ce n’est pas un vote. C’est un tour de table. Hubert le dit. Il est encore debout.

Lundi, une ligne : suppléants, une septième, sur demande. La demande, avant midi. Le conseil était à dix-huit heures. Lucile le dit. Elle a la septième, maintenant. Dans le placard. Ouvert. Hubert, la fois d’après, s’assoit. Six. Le suppléant aussi. Sept. Ça tient. Le rebord, lui, est libre. Personne ne s’y met. On a appris. Trop dur. Trop bas. Le quorum, enfin. Assis.