La coloc de l’ex

Le film n’était pas le film.
Adrien a coupé. Courte histoire, puis plus rien, après que le cercle de Chloé se soit occupé de lui : messages, versions, le bruit des gens qui n’étaient pas dans la pièce et qui avaient un avis. Il a changé de fil. Il a cru que ça suffisait.
Elsa arrive autrement. Un compte, une conversation, une invitation pour un film. Chez elle. Rien d’une foule. Il dit oui. Il a envie d’une soirée qui ne parle pas de Chloé.
Le salon est prêt. Deux verres, un canapé, l’écran. Elsa est simple, presque trop. Vers la fin, elle dit la phrase comme on dit le titre : Chloé a emménagé. Ici. Avec elle.
La porte de la chambre s’ouvre. Chloé sort. Pas un hasard de couloir. Un horaire. Adrien comprend le décor d’un coup : il n’était pas l’invité d’un film. Il était le public d’une mise en scène.
Il n’élève pas la voix. Il n’offre pas le spectacle qu’on a allumé. Il prend la veste. Elsa dit un mot, trop tard, trop léger. Chloé a l’air de celle qui a réussi une entrée.
Il part. L’escalier, la rue, le téléphone qu’il ne sort pas. Bloquer, ce sera pour plus tard, à froid. Ce soir, marcher suffit.
Il ne demande pas pourquoi. Il a déjà la réponse : un cercle n’avait pas fini. Une coloc n’était pas une coincidence. Un film n’était pas un film.
Le lendemain, un message d’Elsa. Malentendu. Surprise. Il ne répond pas. Les malentendus n’ouvrent pas les chambres à l’heure dite.
Il dit à un ami le minimum. Pas les noms. Pas le réseau. Juste : on m’a fait entrer. On a ouvert une porte. Je suis ressorti.
Le canapé, quelque part, a encore les deux verres. Adrien a encore la veste. C’est tout ce qu’il reprend. Le reste, il le laisse à la mise en scène. Elle a déjà son public.