La fiche du don du sang

La veille. Remplie. Sinon, on passe.
Yvette tient l’accueil. Après un mélange — deux noms, une poche, une après-midi — Raymond, le médecin, impose la fiche. Remplie la veille. Tamponnée. Une note. Un présentoir. Elle aligne. On montre. On s’assoit. On donne. On sort. Personne n’a demandé le groupe. Personne n’a demandé le jeûne. On a dit la fiche. On avait la fiche.
Un homme. O négatif. Pas de fiche. Il habite la commune. Il le dit. Yvette le croit. Elle refuse. Le recueil part à midi. Il est onze heures vingt. Il attend. Sur une chaise. Le jus aussi. En trop. Raymond passe. Sa propre poche. La sienne. Pas de fiche. Yvette applique. Sa note. Il dit le médecin. Elle dit la veille. Il n’insiste pas. Il s’assoit.
Il ajoute : personnel, sans fiche, si le camion est vide. Yvette note. Le camion est plein. Huit lits. Occupés. Le sien aussi. Réservé. Sans fiche. Donc vide. Et plein. Les deux.
Midi. Le camion part. Raymond reste. L’homme aussi. O négatif. Les deux. Le recueil suivant, jeudi. Raymond remplit. Enfin. Mardi. Yvette prend. Elle aligne. Jeudi, il arrive. La fiche est datée. De mardi. Valable encore, dit-il. La veille, dit-elle. Mardi n’est pas mercredi. Il le savait. Un peu. Le camion, lui, a déjà une liste. Complète. Sans lui.