La Fiesta d’un an

Sa place. Une année. L’épave.
Gérard dit que la rue est à lui. La place, surtout. Devant chez lui. Publique. Il insiste.
Antoine gare. Un matin : pneu à plat. Net. Trop net. Gérard arrose ses hortensias. Innocent. Le bitume aussi.
Antoine achète une Fiesta. Pas chère. Déjà fatiguée. Il la pose là. Chaque jour. Chaque nuit. Un an.
On raye. On dégonfle. On laisse des mots. La Fiesta encaisse. Elle ne vaut plus grand-chose. Elle occupe. C’est son métier.
Le contrôle expire. Antoine la fait partir. Casse. Plus de place « à lui ». Plus d’épave. Le trottoir redevient une rue.
Gérard peut encore regarder. La place, elle, n’a jamais eu son nom. Juste une Fiesta, une année, et un pneu qu’on n’a plus à changer.