La haie à trois pieds

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La limite, c’était trois pieds.

Claire et Thomas ont une haie. Six pieds, verdoyante, le genre qui fait écran. Le voisin déménage. Avant de partir, il demande à l’agent de copropriété : la limite, c’est trois. On le lui confirme. Il le leur dit, avec le sourire de celui qui n’habitera plus ici.

Le couple coupe. De bonne grâce. Pas de procès, pas de lettre d’avocat. La règle est la règle. À moitié, une haie de six pieds, ça laisse des brindilles. Nues. Ça restera un an, le temps de reverdir — ou pas.

Le passage de l’agente

  1. Le carton « à vendre ». L’agente immo arrive pour les photos. La façade, c’était la haie.
  2. Les brindilles. Plus d’écran. Le rez-de-chaussée donne sur la rue. Le jardin a l’air d’un chantier de mars, en août.
  3. Le départ. Elle s’en va. Pas de séance. Pas de « on revient avec un autre angle ».

Le voisin part un peu plus tard. La haie, elle, reste à trois pieds. On a respecté le règlement. Le curb appeal, lui, n’était pas dans le texte.