La photo interdite

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Même sans flash.

Ismaël garde la salle des bronzes. Interdiction de photographier. Même sans flash. Même le plafond. Le classeur le dit. Garance, la directrice, l’a relu à voix haute en septembre. Après un selfie trop proche d’une patine.

Une femme s’arrête devant le petit cavalier. Elle sort le téléphone. Il s’approche. Elle montre un contrat de dépôt. C’est le sien. L’assureur demande trois clichés. Date du jour. Pas demain. Faustine a le papier. Ismaël a le classeur.

Garance déjeune. Jusqu’à quatorze heures. Il n’invente pas une exception. Faustine s’assoit. Le banc près de la sortie. Elle pose le téléphone face contre le bois. Elle attend. Un groupe scolaire passe. Personne ne photographie. La règle tient.

À quatorze heures deux, Garance revient. Elle lit. Elle autorise trois photos. Pas plus. Ismaël compte. Un. Deux. Trois. Faustine range. L’assureur, lui, voulait mercredi. On est mardi. Ismaël note l’heure sur un bout de papier. Pas dans le classeur. Pas encore.

Le classeur a une ligne nouvelle : propriétaire du dépôt, pièces en main, sur rendez-vous. Ismaël ouvre le cahier. Le premier créneau est jeudi. Faustine prend jeudi. Elle revient. Trois photos. Encore. L’assureur a eu ce qu’il fallait. Avec un jour. Le cavalier n’a pas bougé. Le banc non plus. Ismaël essuie le bois. On avait posé le téléphone dessus.