La salle réservée

Même cinq minutes.
Anaïs entre dans la salle B. Un câble HDMI. Debout. Personne. Trois minutes. Marin, le nouveau responsable des espaces, passe dans la coursive. Occupation sans réservation. Un mail. Une case dans le tableau.
Le lundi, la note. Toute salle, même cinq minutes, se réserve dans l’agenda. Blocs de quinze. Un titre. Salle B, salle C, la visio, la petite. Les paliers ne sont pas des salles. Il l’écrit. En gras.
Anaïs réserve. Revue documentaire. Toute la semaine. B, C, visio. Elle y va. Elle ouvre un dossier. Elle ferme. Parfois elle reste les quinze minutes. Parfois non. L’agenda, lui, est plein. C’est ce qu’on demandait.
Vendredi, un client. Le grand compte. Marin cherche une table. B : revue. C : revue. Visio : revue. La petite : revue. Le palier : pas une salle. Ils s’installent près de la machine à café. Le client pose sa veste sur un tabouret. Il a pris le train. Il a un classeur. Pas de prise.
Marin décommande les revues. Trop tard : Anaïs a déjà ouvert B. Occupation avec réservation. Rien à redire. Le client boit un café. Il signe quand même. Debout.
Lundi, une autre note. Les points debout de moins de dix minutes, sans écran, sont tolérés. La case d’Anaïs reste. Le câble HDMI aussi. Dans son tiroir. Elle ne l’emprunte plus.