Le badge format A3

Visible. Donc lisible.
Maël fait les badges. Après deux contrôles — un stagiaire sans photo, une prestataire trop petite — Hortense, la RH, écrit. Le badge se lit à dix mètres. Nom. Service. Photo. Pas un rectangle oublié au fond d’un sac. C’est écrit. Elle l’affiche. Près de la badgeuse. Elle mesure le couloir. Dix mètres, c’est la porte vitrée. Elle le dit. Maël note. Il ne discute pas. Il a déjà discuté pour la photo. Il a perdu.
Maël mesure. Un badge plastique, à dix mètres : un point. Il imprime en A3. Carton. Perforation. Un tour de cou large. Il en fait trente. L’étage les porte. Les portes battantes accrochent. L’ascenseur aussi. À la cantine, le plateau ne passe plus. On mange le carton d’abord, ensuite le plat. Un stagiaire le plie. Plié, ce n’est plus lisible. Maël en réédite un. Droit.
Jeudi, Hortense. Réunion. Son badge A3 autour du cou. Elle entre. La porte du bureau ne referme pas. Le carton reste dehors. Elle le retire. Elle n’est plus identifiable. La badgeuse refuse. Maël est à l’accueil. Il ne fabrique pas d’exception. Elle attend. Dix minutes. Un visiteur la prend pour une candidate. Il lui tend un CV. Elle le prend. Elle n’a nulle part où le mettre. Le carton, à terre, a déjà une semelle.
Lundi, une ligne : format carte, photo nette, visible hors poche. Les A3 restent dans un carton. Maël les garde. Hortense a repris le petit. À dix mètres, on ne lit plus rien. C’est déjà ça. La porte ferme. Le visiteur, lui, a laissé le CV. Sans nom. Maël le glisse sous le petit badge. On ne le lit pas non plus. Pas à dix mètres.