Le bon de l’épicerie solidaire

La couleur de la semaine. Pas celle d’avant.
Thérèse tient le comptoir. Après un double — deux cartons, un jeudi, plus de stock — Edmond, le titulaire, impose le bon. Couleur. Semaine. Une note. Un tapis. Elle aligne. On montre. On pèse. On part. Personne n’a demandé le jaune. Personne n’a demandé l’épouse. On a dit le vert. On avait le vert.
Un homme. Le jaune. De la semaine dernière. Thérèse montre la note. Le carton reste. Derrière. Sur l’étagère. L’homme aussi, un peu. Devant. Il revient le soir. Même jaune. Même refus. Le vert, lui, se prend le lundi. À l’accueil social. Fermé le jeudi.
Jeudi, le carton d’Edmond. Sa femme. Le jaune. Encore. Thérèse applique. Sa règle. Il dit le titulaire. Elle dit le vert. Il laisse le carton. Sur l’étagère. Comme l’homme. Il ne dit plus exception. Il dit oubli.
Lundi, une ligne : équipe, sans bon, si le stock dépasse. Le stock ne dépasse pas. Il le savait. Un peu. Il passe à l’accueil. Enfin. Vert. Thérèse prend. Elle aligne. Il pèse. Trois kilos. Trop. La règle, c’est deux. Il repose une boîte. L’homme aussi. Vert, lui. Ils prennent. Edmond regarde. Derrière. Le tapis, lui, a une tare de plus. Trop tard pour le fromage. La suivante, oui.