Le bracelet de la cantine

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Un bracelet. Même pour le sien.

Monique tient la file. Après un double — un plateau, un jeudi, deux desserts — Pascal, le directeur, impose le bracelet. Couleur du jour. Une boîte. Une note. Elle aligne. On montre. On prend. On s’assoit. On rend. Personne n’a demandé le régime. Personne n’a demandé le fils. On a dit le plastique. On avait le plastique.

Un enfant. Plateau. Pas de bracelet. Dans le cartable. Monique montre la note. Il reste. Devant. Le plateau aussi. Tiède. Pascal passe. Son fils. Même file. Pas de bracelet. Monique applique. Sa règle. Il dit le directeur. Elle dit la couleur. Il attend. Comme l’enfant. Le fils s’assoit. Par terre. Ce n’est pas une table. C’est un carrelage.

Il ajoute : enfants du personnel, liste, signée. Monique écrit un prénom. Le sien n’y est pas. Elle n’a pas d’enfant ici. Le fils, le lundi suivant, n’y est pas non plus. C’est le mardi qu’il mange. La liste est dans le bureau. Pendant le service. Fermé.

Pascal le savait. Un peu. Il ouvre trop tard. Le plateau a refroidi. Le fils a mangé. Un fruit. Apporté. C’est déjà un repas. Pas celui de la cantine. L’enfant, lui, est revenu. Avec le bracelet. Enfin. Jaune. Du jour. Ils passent. Pascal les regarde. Derrière la rambarde. La boîte est vide. Presque.