Le café moulu comme de l’instantané

Comme de l’instantané, disait-il.
Petite cuisine de bureau. Une bouilloire, pas de machine. Une boîte de café moulu arrive, sans filtre. Le collègue qui sait tout — celui des raccourcis, des réunions, des modes d’emploi — dit qu’on mélange. Comme de l’instantané. L’eau, le lait, ça fond.
Hugo le laisse faire. D’abord le goût du moulu, sec, dans la cuillère. Ensuite la recette : lait, poudre, tasse. La couleur est pâle. Les grains restent. Rien ne se dissout. C’est un paysage, pas une boisson.
La démonstration
- Le moulu. Ce n’est pas une poudre magique. C’est du café. Il a besoin d’un filtre, ou d’un détour.
- Le rire. Le collègue rit. Hugo aussi. La tasse reste là, beige, avec ses îlots.
- La passoire à thé. Hugo la sort du tiroir. Eau chaude, moulu, attente. Ça passe. Ça n’a jamais été de l’instantané.
On a toujours la bouilloire. On a maintenant une méthode. Le collègue, lui, a une tasse à jeter — et une théorie de moins.