Le café moulu comme de l’instantané

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Comme de l’instantané, disait-il.

Petite cuisine de bureau. Une bouilloire, pas de machine. Une boîte de café moulu arrive, sans filtre. Le collègue qui sait tout — celui des raccourcis, des réunions, des modes d’emploi — dit qu’on mélange. Comme de l’instantané. L’eau, le lait, ça fond.

Hugo le laisse faire. D’abord le goût du moulu, sec, dans la cuillère. Ensuite la recette : lait, poudre, tasse. La couleur est pâle. Les grains restent. Rien ne se dissout. C’est un paysage, pas une boisson.

La démonstration

  1. Le moulu. Ce n’est pas une poudre magique. C’est du café. Il a besoin d’un filtre, ou d’un détour.
  2. Le rire. Le collègue rit. Hugo aussi. La tasse reste là, beige, avec ses îlots.
  3. La passoire à thé. Hugo la sort du tiroir. Eau chaude, moulu, attente. Ça passe. Ça n’a jamais été de l’instantané.

On a toujours la bouilloire. On a maintenant une méthode. Le collègue, lui, a une tasse à jeter — et une théorie de moins.