Le caisson sans paroles

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Tous les boutons. Aucun mot.

Yassine aide. Si on lui demande. Le rayon a trop d’objets pour les imposer. Trop de clients trop sûrs, aussi.

Un homme désigne. Un caisson. Le carton. L’ampli. Le kit de câbles. Il paie. Pas une question. L’air de quelqu’un qui a déjà le schéma chez lui.

Des jours plus tard, il revient. Furieux. Il tourne les boutons. Aucun « mot » ne sort. Il a tout essayé. Le grave, lui, a dû travailler. Les phrases, non.

Yassine explique. Un caisson, c’est le bas. Pas le journal. Pas la chanson. Le socle. Il fait la démo. Les enceintes seules. Le caisson seul. Les deux. La pièce comprend. Le client, un peu plus tard.

« Pourquoi vous ne m’avez pas dit ? » Yassine a la phrase prête, parce qu’elle est vraie : vous n’avez pas demandé. Vous aviez l’air de savoir exactement ce que vous vouliez.

Le rayon n’est pas une leçon obligatoire. C’est un magasin. On peut pointer. On peut payer. On peut aussi poser une question. Une seule aurait suffi.

Le client a les mots, maintenant. Ils ne viennent pas du caisson. Ils viennent du retour.

Yassine range le kit. Il aidera encore. Dès qu’on lui fera signe. Le grave, lui, n’a jamais parlé. C’était écrit sur la face. Presque. Assez pour qui lit. Pas assez pour qui désigne.

On peut acheter un silence. On l’accuse moins bien ensuite. Le caisson a fait le caisson. Les paroles, c’était un autre rayon.