Le check-up Fortnite

Il dormait. Le téléphone aussi.
Chloé joue encore avec Timothée. L’ex. Le jeu, lui, n’a pas rompu. Ils se donnent vingt-deux heures. Une partie. Un rendez-vous trop banal pour devenir une alerte.
Il passe hors ligne. Sans un mot. Chloé écrit. Elle appelle. Le silence a l’âge d’un écran éteint. Vingt minutes de route. Elle s’arrête devant chez lui. Elle reste dans la voiture.
Elle envoie qu’elle est passée. Puis elle rentre. Pas d’escalade. Un contrôle de pouls, depuis le bitume.
Timothée dormait. Téléphone en silencieux. Le matin, il trouve ça grave bizarre. Il parle d’une visite. Il parle aussi des reels qu’elle ajoute trop souvent à sa conversation. Comme si les deux affaires pesaient le même poids.
Chloé s’excuse pour la sonnette non prévue. Pas pour s’être inquiétée. Un ex qui disparaît à l’heure dite n’est pas une blague de salon. C’est une pièce trop calme.
Elle n’ajoute pas de roman. Elle avait un jeu, un silence, une voiture. Trois objets. Assez pour une soirée qui n’en était plus une.
Timothée peut trouver ça louche. Le silencieux, lui, a déjà expliqué. Chloé n’ira pas une deuxième fois sans qu’on lui ait dit de venir. Elle n’arrêtera pas non plus de trouver un hors-ligne trop net.
Le jeu reprend, ou pas. La conversation, moins. Les reels peuvent attendre. Un check-up n’est pas un siège. C’est une question de vivant, posée trop près d’une porte.
Elle range les clés. Vingt minutes aller. Vingt minutes retour. Le temps d’un dodo avec le mode avion oublié. Timothée a dormi. Chloé a conduit. Les deux nuits ne se valent pas.