Le courrier de seize heures

Seize heures une. C’est demain.
Irène fait le courrier. Tout pli après seize heures part le lendemain. Maxence, le DAF, l’a écrit. Après un recommandé parti trop tard, une fois — pas le sien, celui d’un prestataire, une amende. Une horloge. Un tampon. Elle avance l’horloge d’une minute, parfois, quand la file est longue. Non. Elle ne l’avance plus. Maxence a regardé. Une fois.
Mardi, un recommandé. Maxence. Seize heures une. Irène tamponne : lendemain. Il descend. Il dit que c’est sa déclaration. Elle montre l’horloge. Il a signé la note. Il reste. Il regarde le tampon sécher. Il remonte. Sans le pli. Le pli reste dans le bac de demain. Au-dessus. Elle ne le cache pas.
Le pli part mercredi. Un accusé. Trop tard. Maxence lit. Il ajoute : direction, même jour, jusqu’à dix-sept heures. Irène glisse la phrase. Le mardi suivant, l’assistante du directeur adjoint arrive à dix-sept heures deux. Un autre recommandé. Irène tamponne : lendemain. La direction, c’était Maxence. Pas l’adjoint. Elle n’invente pas. L’assistante attend. Elle a un train. Le bac de demain n’a pas de train.
Maxence élargit. Toute l’équipe de direction. Irène demande la liste. Il l’écrit. Quatre noms. L’assistante n’y est pas. Elle continue d’arriver à dix-sept heures deux. Le tampon aussi. Maxence, lui, arrive à seize heures cinquante-huit. Il a appris. L’horloge aussi. Irène ne l’avance plus. Personne ne le lui a redemandé.