Le fax de sept cents pages

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Elle voulait le plan. Elle l’a eu.

Le permis de plongée du port a une routine. On écrit à Francine. Elle connaît les dossiers. Elle connaît aussi le mail. C’est plus simple, et ça suffit.

Francine est absente. Josiane la remplace. Plus difficile. Elle refuse le canal habituel. Les permis, dit-elle, se faxent. Avec le plan de sécurité entier. Pas un résumé. Le plan.

Étienne a le plan. Sept cents pages, à peu près. Le document interne, celui qu’on ne sort pas pour une formalité. Josiane a demandé le complet. Il le lui envoie.

Le fax est vieux. Une bobine. Une relance automatique. Une machine qui aime le papier plus que les doutes. Étienne lance. Le rouleau commence. Il dit, ensuite, qu’il ne sait pas arrêter. Ce n’est pas tout à fait un mensonge. Ce n’est pas tout à fait une compétence qu’on enseigne.

Le papier avance. Les pages s’empilent chez Josiane, ou quelque part dans un couloir trop étroit pour sept cents feuilles thermiques. Le port, dehors, continue. Les grues aussi.

On retire Josiane des permis. Assez vite pour que ça ressemble à une conclusion. Elle avait voulu une procédure. Elle a eu la procédure jusqu’au bout.

Francine rentre. Elle rit. Pas un rire de bureau poli. Un rire de quelqu’un qui connaît le plan, le mail, et le poids d’une bobine. Étienne n’ajoute rien. Le fax s’est déjà exprimé.

Le permis, lui, reprend son chemin habituel. Une pièce jointe. Une agente qui lit. Plus de relance automatique. La machine, dans un coin, attend une autre exigence trop complète.

On ne félicite pas un fax. On le débranche, ou on le laisse. Étienne range le plan. Sept cents pages tiennent encore. Elles n’ont plus à voyager en thermique. C’est déjà une sécurité.