Le gardiennage facturé

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La maison était gratuite. L’addition, non.

Élodie fuyait. Pas un film. Une proprio : douches chronométrées, caméras dans la cuisine, le genre de bail qui surveille plus qu’il ne loue. Salomé partait une semaine. La maison allait être vide. Le geste a paru simple.

Pas de plantes. Pas de chien. Pas de consignes. Le frigo plein. Du vin. Le streaming. Les amis, si elle voulait. Et plus près du boulot d’Élodie que l’appartement à objectifs. Salomé n’a pas parlé d’argent. Elle n’avait rien à faire garder.

Élodie a dit oui. Une semaine. Les clés. Le canapé. Le silence d’une cuisine sans caméra.

Au retour, Salomé retrouve la maison. Rien n’est cassé. Rien n’est dû. Puis le message. Cinq cents euros, à peu près. Pour le « gardiennage ».

Salomé relit. Elle n’avait pas embauché. Elle avait prêté. Une maison vide n’est pas un contrat. Elle refuse.

Élodie s’enflamme. Elle comptait sur cet argent. La phrase a l’air d’une trésorerie. Elle a l’air aussi d’une amitié qui facture après coup. Salomé n’avait pas offert un emploi. Elle avait ouvert une porte.

Les clés reviennent. L’addition, non. Cinq cents euros pour avoir dormi dans un lit trop grand, trop près du travail, trop loin des caméras. Le tarif d’une fuite, inventé à la fin.

Salomé ne renégocie pas. Un prêt n’est pas une vacation. Élodie peut chercher un vrai gardiennage, avec plantes et chiens. Ici, il n’y en avait pas. Il n’y en a toujours pas.

La maison reprend. Le frigo aussi. L’amitié, elle, a une ligne maintenant. Cinq cents euros, jamais envoyés. Assez pour une semaine qui devait être gratuite.