Le gilet de la visite

1 min de lecture

Gilet. Jaune. Avant le seuil.

Viviane garde l’entrée du chantier. Après une chute — rien de grave, un costume, une marche — Joël, l’architecte, impose le gilet. À tout le monde. Une caisse. Trois. Parfois deux. Elle aligne. On prend. On entre. On rend. On sort. Personne n’a demandé le bleu marine. Personne n’a demandé le dimanche. On a dit jaune.

Un fournisseur. Pas de gilet. La caisse est vide. Les trois sont sur le toit. Joël les a mis. Il est en réunion. Dans le baraquement. Viviane ne fabrique pas de jaune. Le fournisseur attend. Debout. Ses tuyaux aussi. Une heure. Joël sort. Il rend le sien. Le fournisseur entre. Dix minutes. Trop juste. Il reviendra.

Jeudi, Joël. Son manteau. Marine. Pas de gilet. Le sien est dans la voiture. Fermée. La clé est dans le baraquement. Viviane applique. Sa note. Il dit la maîtrise d’œuvre. Elle dit le seuil. Il attend. Comme le fournisseur. Il ne dit plus exception. Il dit oubli.

Lundi, une ligne : maîtrise d’œuvre, gilet personnel. Joël l’écrit. Il n’en a toujours pas. Le personnel, c’est le sien. Dans la voiture. Encore. Viviane lui tend un des trois. Il l’avait rendu. Il le reprend. Il entre. Enfin. Les tuyaux, eux, sont déjà posés. Sans lui. C’est déjà une visite. Pas la sienne.