Le jeton des douches du stade

Un jeton. Quatre minutes.
Renée tient la caisse. Après une nuit — robinets jusqu’à l’aube, un samedi, la facture — Gaston, le président, impose le jeton. Métal. Quatre minutes. Une boîte. Une note. Elle aligne. On prend. On glisse. On se lave. On rend. Personne n’a demandé l’heure en plus. Personne n’a demandé les cadets. On a dit le jeton. On avait le jeton.
Un joueur. Le sac. Pas de jeton. La caisse est vide. Les six sont dans les compteurs. Occupés. Gaston est sous la trois. Les cadets. Il les entraîne. Renée ne fabrique pas de métal. Le joueur attend. Assis. Le sac aussi. Sur le banc. Une demi-heure. Gaston sort. Il rend le sien. Le joueur glisse. Quatre minutes. Trop juste. L’eau coupe. Vingt-deux heures. C’est sur le panneau.
Dimanche, Gaston. Sa douche. Pas de jeton. Le sien est au club-house. Fermé. La clé est chez Renée. Dans le tiroir. Pour les jetons. Pas pour le club-house. Renée applique. Sa note. Il dit le président. Elle dit le métal. Il attend. Comme le joueur. Il ne dit plus exception. Il dit oubli.
Lundi, une ligne : comité, jeton personnel. Gaston l’écrit. Il n’en a toujours pas. Le personnel, c’est le sien. Au club-house. Encore. Renée lui tend un des six. Il l’avait rendu. Il le reprend. Il glisse. Enfin. Les douches, elles, restent sèches. Le dimanche est fermé. C’est sur la porte. C’est déjà une douche. Sans eau. Presque.