Le jeton du caddie

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Pas de jeton. Pas de caddie.

Apolline tient l’entrée. Les caddies sont enchaînés. Un euro. Ou le jeton de la marque. Après deux disparitions — un parking, une nuit, plus de file — Dorian, le directeur, interdit de déverrouiller à la main. Aucune exception. Une affiche. Un cadenas. Apolline a la clé. Elle ne s’en sert plus. Elle la pose dans le tiroir. À côté des sacs. On lui a dit le tiroir.

Une femme. Un litre de lait. Pas de pièce. Pas de jeton. Apolline refuse. La femme pose le litre à terre. Elle part. Le litre reste. Apolline le met au frais. Elle note. Ce n’est pas un objet trouvé. C’est un litre. Le règlement des objets trouvés parle d’un parapluie. Pas d’un litre. Elle le garde quand même. Au frais.

Samedi, la mère de Dorian. Même litre. Même absence. Apolline applique. Dorian arrive. Il a un jeton. Il le tend. Trop tard : la cliente est déjà à la caisse avec un panier. Deux yaourts. Elle n’avait plus besoin du caddie. Sa mère non plus. Elle a pris le même panier. Elle paie. Elle ne reprend pas le litre du vendredi. Il est encore là. Daté.

Dorian ajoute : une pile de jetons à l’accueil, contre une pièce d’identité. Apolline les range. La mère, la semaine suivante, n’a pas de pièce. Elle a un jeton, cette fois. Dans le sac. Elle l’avait. Samedi, non. L’affiche reste. Le litre, on l’a mis au frais. Personne ne l’a réclamé. Apolline le descend au personnel. Après la date. Dorian ne le boit pas. Il a son jeton. Il n’a plus de litre.