Le minibar qui compte

Tout mouvement. Donc tout.
Séverin fait la nuit. Quarante-deux chambres. Le minibar a des capteurs. Un gramme de trop, une ligne sur la note. Blaise, le directeur, a tranché après deux contestations. On ne discute plus. Le capteur est le capteur. Une formation. Une slide.
Une cliente range une pochette d’insuline. Elle pose trois bouteilles sur le bureau. Le matin : soixante-quatre euros. Eau. Tonic. Amandes. Rien d’ouvert. Séverin voit le ticket. Il appelle. Blaise : le capteur.
Elle paie. Elle part à six heures. Sans le petit-déjeuner. Séverin garde le double. Au cas où.
Samedi, un mariage. La wedding planner goûte. Elle sort les bouteilles. Elle les aligne. Elle remet celles qu’elle n’ouvre pas. Dimanche matin : mille cent quarante. Blaise lit. C’est le contrat, dit-il. Le père de la mariée a le contrat aussi. Et quelqu’un au téléphone.
Ils vérifient les bouchons. Chambre par chambre. Huit ouvertes. Le reste, non. Séverin annule. À la main. Une heure. Les capteurs, pendant ce temps, continuent. Une femme a déplacé une noisette. Quatre euros. Il annule ça aussi.
Blaise change la slide. Consommation constatée au départ. Les capteurs restent. Ils ne parlent plus. Séverin, la nuit, ouvre encore les portes. Il compte les bouchons. C’est plus long. C’est écrit.