Le poêle hors association

1 min de lecture

La maison chauffe. Le règlement, non.

Théo a vingt-cinq ans. Une maison de 1930, au bord de l’eau. Le chauffage tient en deux objets : un poêle, une cheminée. C’est tout. Ce n’est pas une lubie. C’est l’installation.

Corinne s’installe à côté. Reconstruction. Façades trop neuves pour le quartier. Elle ne croit pas qu’il possède. Elle demande les parents. Encore. Comme si un badge d’âge ouvrait les actes.

Puis le bois. Elle dit qu’il enfreint le règlement de l’association. Interdiction de brûler. Théo explique : il n’est pas dans l’association. La mairie autorise les cheminées. Le jardin aussi, dans les limites. La maison a l’air récente, dehors. Dedans, rien d’autre ne chauffe.

Corinne revient. Un homme. « Inspecteur » de l’association. Il affirme que le règlement tient tout le secteur. Toutes les parcelles. Y compris celles qui n’ont jamais signé.

Théo nomme le mensonge. La carte. Les limites. L’absence de juridiction. Il leur demande de partir. Pas un débat. Une porte.

Il photographie. Il note. Les mails. Les visites. Le titre. Le cadastre. Un dossier trop calme pour une croisade.

Ils n’ont aucune prise. Pas sur le poêle. Pas sur le lac. Pas sur un propriétaire trop jeune pour leur idée du propriétaire.

Corinne peut encore sonner. L’inspecteur, inventer un territoire. Théo peut encore allumer. L’hiver, ici, n’attend pas un tampon.

On peut douter d’un âge. On doute moins d’un acte. Le feu, lui, n’a pas besoin d’adhérer.