Le porte-parapluies

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Huit crochets. Un orage.

Solène tient l’accueil. Après une chute dans le hall — rien de cassé, une hanche, un mardi — la note arrive. Tout parapluie mouillé va au porte-parapluies. Huit crochets. Baptiste, le directeur, a signé. Un pictogramme. Une date. Elle le scotche au-dessus des crochets. On le voit. On le lit. On continue de poser les manches contre le radiateur, les premiers jours. Elle range. Elle compte. Huit. Pas neuf.

Mardi suivant, orage. Quarante personnes. Solène range. Huit. Le neuvième, elle le refuse. La consigne. Ils restent ouverts, dans le hall. L’eau aussi. Les semelles. Une femme attend qu’un crochet se libère. Personne ne reprend le sien. Les huit sèchent. Les autres gouttent. Solène pose des feuilles. Ce n’est pas dans la note. Elle les retire. La note ne parle pas des feuilles.

Baptiste entre. Son parapluie de soie. Pas de crochet. Elle le dit. Il le pose contre le radiateur. Une flaque. La note ne parle pas du radiateur. Elle ne l’invente pas. Il enlève son manteau. Il monte. La soie reste. Elle tient. Les autres, moins.

Le pompier de l’immeuble passe. Contrôle. Le hall. Les manches. Le pictogramme. Il note un encombrement. Baptiste lit. Nouvelle phrase : le surplus, dehors, sous l’auvent. La soie y passe. Le soir, plus de soie. Un crochet vide, à l’intérieur. Solène a le double. Baptiste aussi. Il n’a plus de parapluie. Les huit crochets, si. Ils sèchent. Le pictogramme aussi. Le lendemain, il arrive avec un plastique. Un euro. Il le met au crochet. Il reste une place. Personne ne la prend. On a appris.