Le ruban obligatoire

On ouvre. On referme.
Oriane tient le point relais. Après un carton arrivé ouvert, la consigne tombe. Tout ruban du client est suspect. On ouvre. On applique le ruban de la boutique. Quatre euros quatre-vingt-dix. C’est le service. Une affiche. Un tarif.
Un laboratoire envoie quarante sachets froids. Déjà scellés. Armel, le coursier, pose les bacs. Elle ouvre. Les sachets transpirent. L’après-midi passe. La file aussi. Une femme avec trois boîtes à chaussures attend. Elle voit les glaces. Elle ne dit rien.
Le lendemain, Armel revient. Une facture. Échantillons hors température. La boutique paie. Le responsable dit que la consigne tenait. La facture aussi. Oriane garde le double. À côté du dévidoir.
Nouvelle consigne : contrôle visuel. Ruban seulement si le carton bouge, si le scotch lâche, si ça sonne creux. Oriane tapote. Elle écoute. Elle referme sans ouvrir. Le rouleau sert deux fois par semaine. Les sachets, elle ne les touche plus. Armel non plus. Il arrive plus tôt. Il repart plus vite. Les quatre euros restent sur l’affiche. Pour les autres. La femme aux boîtes à chaussures est revenue. Ruban d’origine. Oriane a tapoté. Ça tenait. Zéro euro. Armel, derrière elle, a hoché la tête. Une seule fois.