Le stylo de la mairie

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On signe avec le stylo de l’accueil. Pas un autre.

Noémie tient le guichet. Après une réclamation — une signature trop pâle, un dossier renvoyé, un jeudi — Gaspard, le maire, tranche. Les formulaires se signent avec le stylo de la commune. Celui qui est enchaîné. Une note. Un tampon. Elle l’affiche. On le voit. On apporte encore le sien. Elle refuse. Elle tend la chaîne. On signe. On rend. La chaîne reste.

Un père. Une déclaration. Son stylo-plume. Celui de son père. Noémie montre la note. Il pose le plume. Il prend la chaîne. L’encre racle. Il signe. Il reprend le plume. Il ne dit rien. Le dossier passe. La chaîne aussi. Elle a une mine. Bleue. Toujours.

Gaspard descend. Un arrêté. Il a son stylo. Or. Noémie applique. Sa note. Il attend. La chaîne est prise. Une naissance. Cinq minutes. Il reste. Debout. Le père d’avant le reconnaît. Il lui tend le plume. Gaspard le regarde. Il ne le prend pas. La note. Il a signé la note.

La naissance finit. Il signe. Bleu. Communal. Il ajoute : élus, leur instrument, si recharge noire. Noémie note. Elle n’a pas de recharge noire. L’or reste dans la poche. Le jeudi suivant, un adjoint arrive avec une noire. Sans recharge à montrer. Elle refuse. Il n’insiste pas. Gaspard, lui, vient avec la chaîne dans la tête. Il attend qu’elle soit libre. Deux minutes. Parfois trois. L’arrêté sèche. Bleu. C’est déjà ça.