Le tampon de la salle des fêtes

Un tampon. Avant les clés.
Colette tient le bureau. Après une noce — trois heures du matin, plus de caution, des chaises dans le fossé — Fabrice, l’adjoint, impose le tampon. Sur la fiche. Date. Heure. Une note. Elle aligne. On montre. On prend les clés. On rend. On part. Personne n’a demandé le courriel. Personne n’a demandé le samedi. On a dit le tampon. On avait le tampon.
Un couple. Confirmation imprimée. Pas de tampon. La mairie ferme à midi le samedi. Il est midi dix. Colette montre la note. Ils attendent. Dans le hall. Les lys aussi. Dans le coffre. Fabrice passe. Sa propre fiche. Départ à la retraite. Pas de tampon. Colette applique. Sa règle. Il dit l’adjoint. Elle dit le tampon. Il n’insiste pas. Il fait le tour. Les clés restent. Au crochet.
Il ajoute : élus, sans tampon, si la salle est vide. Colette note. Il l’a réservée. Lui-même. Elle n’est pas vide. C’est la sienne. Les chaises attendent. Empilées. Pas encore. Trop tôt. Trop tard.
Le samedi suivant, il tamponne. Enfin. Vendredi. Avant midi. Colette prend. Elle aligne. Il entre. Les chaises sont déjà dehors. L’autre couple les a mises. Sans clés. Par la fenêtre du bas. On l’a su. On n’a rien dit. Le tampon, lui, est encore humide. C’est déjà une fête. Pas la sienne.