Les steaks à l’aéroport

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Le sandwich ne comptait pas. Le steak, si.

Karim vend. Il rentre. Un dîner de chaîne, une dizaine d’euros, sur la route depuis l’aéroport. Les notes de frais coincient. Les repas, seulement pendant le « vrai » déplacement. Le transit, non. L’aéroport n’est pas encore le métier. La faim, si.

Karim ajuste. Il dîne à l’aller. Chaque fois que c’est possible. Départ. Hall. Keto. Steak. Fruits de mer. Le transit devient une table. La table, une ligne.

Mille cinq cents euros en plus. De repas d’aéroport. Les notes de frais demandent une explication. Karim en a une. Vous avez dit : seulement l’aéroport. Il vend mieux, pas affamé. Deux phrases. Assez pour un tableur trop sûr.

La règle bouge. On peut manger en allant au travail, en rentrant, peu importe la distance. Karim relâche les steaks. Un peu. Pas tout. Une habitude a le droit de garder une grillade.

Le sandwich de la route n’était pas un scandale. C’était une dizaine d’euros. La politique en a fait un menu. Plus long. Plus cher. Plus marin.

Karim n’a pas inventé le keto. Il a inventé l’obéissance. Les notes de frais ont inventé le reste. Elles ont maintenant une phrase plus large. Elles l’ont payée.

Le hall a encore des vitrines. Il en a moins dans la colonne de Karim. Le « un peu » suffit. C’est déjà une trêve. Ce n’est pas un régime.

On peut chipoter un ticket. On chipote moins quinze cents euros de sole. La prochaine fois, on lira la faim avant la circulaire. Ou on paiera le steak. Les deux sont des politiques. Une seule vend.

Karim pose la carte d’embarquement. Le dîner de la route, s’il veut, compte. Enfin. Il peut encore choisir le steak. Il le choisit moins. La différence, c’est qui a cédé. Ce n’est pas lui.