Le marteau jusqu’à vingt-deux heures

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21 h 50. Encore dix minutes.

Jour d’emménagement. Midi, des cartons, un lit à monter. Nora n’habite pas encore : elle déplie. Le voisin du dessous monte. Ce n’est pas une discussion. C’est une période de silence, dit-il. Il hurle. Le volume, pour du carton.

Nora a le contrat. Les heures calmes : 22 h–7 h. Le reste, c’est de la vie. Déballer à midi n’est pas une perceuse à deux heures du matin. Elle le lui dit. Il rappelle la police.

Les agents écoutent le bruit d’un appartement qu’on habite. Ils lisent le règlement. Ils s’en vont. Nora lui montre les pages, sans commentaire. Le voisin, lui, a déjà tout dit.

La semaine d’après

  1. L’horaire. Tout le marteau, toute la perceuse, à 21 h 50. Pas avant. Pas après vingt-deux heures.
  2. La limite. On s’arrête pile. Le contrat est une horloge, pas une humeur.
  3. Les plaintes. Elles s’arrêtent. Le voisin a eu ce qu’il demandait : le silence, à l’heure dite.

Plus tard, des voisins metal s’installent à côté de lui. On n’a plus de nouvelles. On a l’horaire, et le couloir.