Pas de clé pour belle-maman

Le double n’était pas au menu.
Chloé est contente. Antoine aussi. Première maison. Trois ans à mettre de côté. On ferme. On a encore le goût du compromis, pas celui des doubles.
Dîner de famille. Josette demande, comme on demande le sel : quand est-ce qu’elle aura une clé ? Pour les urgences. La phrase a l’air d’un service. Elle a l’air aussi d’une entrée.
Chloé dit qu’ils n’ont prévu de clés pour personne. Pas les parents. Pas la fratrie. La maison est à eux. On n’entre pas sans prévenir.
Josette : elle est sa mère. Elle devrait en avoir une. Le « devrait » pèse plus que l’urgence. L’urgence, ici, n’a pas encore de date.
Chloé rappelle l’ancien appartement. Josette était entrée. « J’apportais à manger. » Ils étaient clairement occupés. La nourriture n’avait pas sonné. La mère, si.
Plus tard, Antoine dit qu’elle a humilié sa mère. Élodie, la sœur, exige des excuses. Le dîner devient un tribunal. La clé, une offense.
Chloé tient. Ce sont des limites de primo-accédants. Pas une prise de pouvoir. Si Antoine donne un double dans son dos, il faudra en parler. Ce n’est pas une menace. C’est le couple.
Une réponse honnête à table, ce n’est pas une humiliation. C’est une porte. On peut la trouver sèche. On peut aussi la trouver fermée. Les deux sont le métier d’une maison.
Josette peut encore parler d’urgence. Chloé peut encore parler d’annonce. Les clés restent à deux. Pour l’instant. C’est déjà assez pour un premier acte.