Plus de dépôt à domicile

Quatorze euros. Puis la facture vraie.
Théo voyage. Souvent. Le service voyages, lui, a trouvé une économie. Fini le dépôt à domicile des voitures de location. Quatorze euros la course. On ne jette plus l’argent par les fenêtres. On le range dans un tableur.
Les ingénieurs ne disent rien. Ils appliquent. C’est déjà une méthode.
L’agence ferme à six heures, le lundi. Théo prend la voiture le dimanche. Léa a besoin de la familiale. Taxi jusqu’à l’aéroport. Trente-cinq, quarante euros. Aller. Retour. Le dimanche n’est pas une ligne de voyages. C’est une ligne de ménage.
Les heures en plus, on les note. Quatre heures et demie dans le mois, à peu près. Quatre-vingts euros de l’heure. Le service voyages n’a pas de budget heures sup. Ça tombe sur les projets. Les chefs de projet découvrent la politique dans une feuille de temps.
Deux cents euros de taxis. Trois cent soixante euros d’heures. Contre trois fois quatorze euros, si on avait laissé le dépôt. L’économie a l’air d’une blague. Elle a l’air aussi d’une note de frais trop honnête.
Personne n’a crié dans le couloir. Personne n’a fait de réunion. On a rendu les clés trop tôt, trop loin, trop cher. Le tableur a fait le reste.
Les chefs de projet explosent. Pas contre Théo. Contre voyages. Une journée. Moins. La consigne rentre aussi vite qu’elle était sortie.
Léa récupère la familiale. Théo reprend le dépôt. Quatorze euros reprennent leur métier : coûter moins que le dimanche.
On n’écrit pas de circulaire pour ça. On la retire. Le service voyages a sauvé quatorze euros. Il a failli en perdre un projet. C’est déjà un audit.