Sonnette à vingt-trois heures trente

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Vingt-trois heures trente. Pas une urgence.

Premier appartement. Une place numérotée. Des places visiteurs. Celle de Kenza, à côté, souvent vide. Noé demande poliment. On peut payer, parfois. Kenza s’enflamme. C’est « mal élevé ». Ils en ont besoin pour les invités. Ils ne s’en servaient pas. La nuance tient dans une fureur.

Des jours plus tard, vingt-trois heures trente. La sonnette. Kenza. En colère. C’est eux, dans la place ? Une amie en avait besoin. Une autre voiture était là. Noé reste poli. Aline, non : on ne sonne pas à cette heure. On travaille demain. Pas d’excuse.

Des semaines. Quelqu’un dans LEUR numéro. Aline se gare derrière. Juste elle. Un blocage trop simple pour un discours.

C’est le frère d’une colocation. Leur place, « d’habitude », est prise. La phrase a l’air d’une habitude. Elle a l’air aussi d’un vol poli.

Aline recule. Elle montre les visiteurs. Civile. Elle veut des voisins, en haut. Elle veut aussi une limite : pas de sonnette de nuit. Pas de numéro volé.

Kenza peut garder sa fureur. Le frère, sa géographie approximative. Aline garde la place. Elle la garde sans théâtre. C’est déjà assez pour un premier bail.

Noé aurait payé. On lui a dit non. On lui a sonné trop tard. Les deux réponses ne s’annulent pas. Elles s’additionnent.

Le couloir redevient un couloir. La place, une place. Vingt-trois heures trente n’est pas une permanence. C’est une heure où l’on dort, ou l’on se prépare à travailler. Pas une enquête de parking.

Aline pose les clés. Elle n’écrit pas de règlement. Elle a déjà sonné assez fort, une fois, en reculant. La prochaine voiture pourra lire le numéro. Il est peint. Il n’est pas « d’habitude ».