Trente minutes automatiques

1 min de lecture

Ne pointez pas. C’est automatique.

La petite boîte se vend. Le logiciel change. Trente minutes de pause, retirées toutes seules. Avant, les pauses plus longues se pointaient. Maintenant, pointer trop longtemps fait tousser l’outil.

Julien a l’habitude. Et l’accord. Il va aux RH. Nadège écrit : ne pointez pas. Le système est automatique. Mot pour mot. Il remercie. Il garde le mail.

Il obéit. Deux heures. La ville. Une glace. Le logiciel retire trente minutes. Le reste devient des heures. Chaque jour un peu. Puis trop.

Les heures montent. On lui impose des jours. Pour compenser. Ça dure. Deux ans et demi. Jusqu’à la prochaine vente. Le nouveau logiciel, lui, sait compter.

Julien n’a rien inventé. Il a lu. Nadège aussi. Trop tard. Une phrase automatique. Un bonus automatique. Les deux tiennent le même mail.

On peut demander une pause. On peut aussi la retirer tout seul. Julien a choisi l’écrit. Le système, la soustraction. Le trop, c’était le reste.