Trois jours à quatre cents

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La corbeille avait la taille d’une tasse.

Hugo n’est pas l’informatique. Il est le développeur qu’on traite comme tel. Aline a trente-quatre ans et un écran trop grand pour le bureau. Trop grand, vraiment : tout est énorme.

L’icône de la corbeille a la taille d’une tasse. Pour voir trois icônes, elle fait glisser. Quatre, si elle insiste. Le courrier devient une pièce. Les tableurs, un couloir.

Hugo regarde la résolution. Elle est saine. Dans la barre, un outil. La loupe. Un raccourci oublié, un utilitaire trop zélé. Échap, et le monde reprend son échelle.

Aline a travaillé trois jours comme ça. Trois journées. Le courrier, les feuilles, le panoramique. Pas de signalement. Elle croyait avoir cassé. Elle croyait qu’on la gronderait.

Hugo ne rit pas tout de suite. Il rit après, tout bas, le rire de ceux qui ont déjà vu la loupe et qui savent que la honte dure plus longtemps que la panne.

Elle remercie trop. C’est le tarif quand on a eu peur d’un service qui n’existe pas. Hugo dit que ce n’était rien. C’était trois jours. Ce n’est pas rien. C’est juste réparable.

Le lendemain, l’écran est normal. Aline clique sans voyager. Elle n’en parle pas à la machine à café. Hugo non plus, assez.

On continuera de le prendre pour l’informatique. Il continuera de l’être, cinq minutes. La loupe, elle, attend dans la barre. Elle n’a pas de rancune.

Aline range sa tasse. À côté, l’icône a retrouvé une taille d’icône. C’est tout le miracle dont le bureau avait besoin.