Trois véhicules maximum

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L’allée a tenu neuf. La rue, non.

Baptiste collectionne. Quatre permis sous le même toit. L’association a une vieille phrase : « un seul véhicule de classe C par allée ». La classe C, pour les voitures, n’existe pas. Ou n’existe plus. Ou n’a jamais voulu dire ça.

Il range. Le garage avale deux voitures, quatre motos, un camping-car. L’allée, cinq véhicules. Les courriers arrivent. Ils meurent dès qu’il demande la définition légale. Personne n’aime définir ce qu’on a écrit trop vite.

Un an. Nouveau vote. Trois véhicules maximum sur l’allée. Environ 85 % pour. Baptiste applaudit. Il applique.

Deux voitures passent sur la voie publique. Les rues ont été cédées à la ville. L’association n’y a plus de crayon. Juste une artère trop étroite pour ce qu’elle vient de créer.

Seules les motos passent bien. Une smart, parfois. Le reste fait des demi-tours. Partout. Les klaxons ont l’air d’un conseil syndical.

Les plaintes forcent un autre vote. L’allée s’ouvre : autant de véhicules immatriculés qu’on veut, s’ils sont en règle. Baptiste a de la place. Neuf, s’il faut compter.

La classe C n’a jamais été trouvée. Le plafond à trois, si. Il a vécu le temps d’une rue trop mince.

Baptiste range encore. Dedans, dehors. La ville a les rues. Lui, l’allée. L’association, une leçon sur les mots qu’on n’arrive pas à citer.

On peut voter une limite. On vote moins bien une définition. Les demi-tours, eux, ont voté plus fort.