Vingt photos par arrêt

Une photo. Puis toutes.
Loïc livre. Camion. La règle est nette : photo quand le bon dit « résidentiel ». Preuve. Valérie, la responsable, veut un blâme. Une photo manquante. Livraison pro, étiquette non résidentielle. Le nom, c’était un salarié d’une boîte de chantier. Pas une maison. Pas la règle.
Marc, le manager, donne raison à Loïc. Le blâme rentre. La règle, non.
Le lendemain, Loïc photographie tout. Chaque arrêt. Chaque « départ » envoie une image sur l’écran de Valérie. Elle doit valider avant de faire autre chose. La machine est son bureau. Loïc en a fait une galerie.
Ça plante. Trois fois. Un arrêt, vingt photos. Le chantier sous tous les angles. Le camion aussi. Valérie ordonne d’arrêter. Loïc cite la règle. Celle qu’elle aimait la veille, un peu trop.
Elle écrit un blâme pour zèle. Marc le déchire. Le papier a une courte carrière.
Loïc continue. Par dépit. Par méthode. Chaque quai a son cliché. Valérie a son écran. Les deux tiennent. L’un des deux s’ennuie plus.
Le chantier n’a rien demandé. Le salarié non plus. La politique, si. Elle a voulu une photo. Elle en a une collection.
Loïc range l’appareil sur le tableau de bord. Il n’est pas en grève. Il est en conformité. C’est plus durable. C’est plus visible.
Valérie peut encore écrire. Marc peut encore déchirer. Les photos, elles, arrivent. Vingt, s’il le faut. Une, si on lui redemande juste la règle. Il préférera vingt. C’est déjà un style.