La fiche de la serre municipale

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Une fiche. Avant neuf heures. Sinon, le banc reste.

Lucienne tient la serre. Après un plateau — disparu, un mardi, avant les gelées — Gaston, le président des jardins familiaux, impose la fiche. Signée. Nom. Avant neuf heures. Une note. Un crayon attaché. Elle aligne. On écrit. On entre. On arrose. On barre. Personne n’a demandé les tomates. Personne n’a demandé le fond. On a dit la fiche. On avait la fiche.

Un couple. Les godets. Pas de fiche. Dans la poche. Lucienne montre la note. Les bancs restent. Vides. Les plateaux aussi. Sur l’étagère. Gaston passe. Le fond. Près de la vitre. Pas de fiche. Son arrosoir est déjà dans le sac. Lucienne applique. Sa règle. Il dit les jardins. Elle dit le crayon. Il attend. Comme le couple. Il ne dit plus exception. Il dit oubli.

Il ajoute : jardins, sans fiche, si déjà réservé. Il l’a réservé. Mars. Pour les plants. Ce n’est plus mars. Lucienne le dit. Il le savait. Un peu.

Le mardi suivant, il écrit. Enfin. Neuf heures moins deux. Lucienne prend. Elle aligne. Il veut le fond. Le couple a déjà le fond. Avec une fiche. De samedi. Lucienne l’a donnée. Gaston regarde. Derrière la vitre. Son arrosoir attend. Encore. Le soleil, lui, est déjà pris. Par les godets. C’est déjà un semis. Pas le sien.