La fiche du compost

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Une fiche. Un numéro. Pas de reste.

Hortense surveille le bac. Après un os — un jambon, un mardi, des mouches — Martial, le président, impose la fiche. Numérotée. Épluchures seulement. Une note. Un crayon attaché. Elle aligne. On écrit. On glisse. On verse. On referme. On ne verse plus l’os. On verse encore le sachet. Elle le retire. Elle le pose. À côté. Ce n’est pas du compost. C’est un sachet.

Une voisine. Du marc. Pas de fiche. Le crayon est là. Les fiches aussi. Dans la boîte. Fermée. Martial a la clé. Il est au travail. Jusqu’à dix-huit heures. C’est sur la porte. Les tomates attendent. Dans un saladier. Hortense ne fabrique pas de numéro. Le bac non plus. Dix-huit heures deux. Martial ouvre. La fiche. Trois. Le marc passe. Tiède. Les mouches aussi, un peu.

Jeudi, Martial. Son marc à lui. Pas de fiche. Hortense applique. Sa règle. Il a le marc. Pas le numéro. Il dit le président. Elle dit la note. Il écrit. Enfin. Il verse. Il referme. Il ne dit plus os. Il dit flux.

Lundi, une ligne : épluchures, sans fiche, le mardi. Hortense le note. Le mardi suivant, Martial apporte un os. Encore. Elle refuse. Le mardi, dit-il. Les épluchures, dit-elle. L’os n’est pas une épluchure. Il le savait. Un peu. Il le reprend. Le bac, lui, sent déjà moins. C’est déjà ça. La fiche numéro quatre attend. Vide. On l’a appris.