La réservation du barbecue

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Un papier. Une boîte. Le jeudi matin.

Faustine veut le barbecue. Celui de la copropriété. Après deux samedis — les mêmes, toujours, un voisin, les mêmes saucisses — Rémi, le président, installe une boîte. Cadenas. Fente. On glisse un formulaire. On ouvre le jeudi matin. Pas avant. Il a la clé. Il l’a dit. Une note dans le hall. Faustine lit. Elle écrit. Elle glisse. Un vendredi. Trop tard pour le jeudi. Le suivant, donc. Le week-end qu’elle voulait est déjà passé. Elle le savait. Un peu tard.

Le jeudi, Rémi ouvre. Trois papiers. Le sien aussi. Anniversaire. Samedi. Il les date. Il affiche. Faustine a le dimanche. Elle n’avait pas demandé le dimanche. Elle n’avait pas demandé le samedi non plus, trop tard. Elle achète des merguez quand même. Le dimanche, il pleut. Le barbecue reste sous la bâche. Les merguez aussi. Au frigo.

Samedi, l’anniversaire. Rémi n’a pas ouvert la boîte avant la fête. Il a ouvert après. Son papier était dedans. Daté du jeudi. Valable. Les saucisses sont déjà cuites. Chez lui. Sur le balcon. Le règlement parle de la cour. Pas du balcon. Personne ne descend. On entend. Faustine aussi. Elle ne dit rien. Elle a le dimanche. Il pleut encore.

Rémi ajoute : urgences, SMS, la veille. Faustine demande ce qu’est une urgence. Il dit un anniversaire. Le sien, donc. Le suivant, elle écrit urgence. Il refuse. Ce n’était pas le sien. La boîte reste. Le cadenas aussi. Le jeudi matin. Faustine glisse le lundi, maintenant. Elle a appris. Rémi, lui, glisse le mercredi soir. Il ouvre le jeudi. Il se voit en premier. C’est déjà ça. La bâche, elle, n’a pas bougé.