Le carnet du prêt de drapeaux

Un numéro. Le soir même. Sinon, l’armoire reste.
Berthe tient l’armoire. Après un drapeau — oublié, un lundi, sous la pluie — Anatole, le président des anciens combattants, impose le carnet. Numéroté. Retour le soir même. Une note. Un crayon attaché. Elle aligne. On écrit. On prend. On hisse. On rend. On barre. Personne n’a demandé le mariage. Personne n’a demandé le monument. On a dit le numéro. On avait le numéro.
Un couple. Le civil. Pas de carnet. À la mairie. Berthe montre la note. Les drapeaux restent. Pliés. Dans l’armoire. Les hampes aussi. Contre le mur. Anatole passe. Le grand. Celui du monument. Pas de numéro. Son dernier retour n’est pas signé. Le onze. Berthe applique. Sa règle. Il dit les anciens. Elle dit le crayon. Il attend. Comme le couple. Il ne dit plus exception. Il dit oubli.
Il ajoute : anciens, sans carnet, si déjà sorti. Il l’a sorti. Novembre. Pour le onze. Ce n’est plus novembre. Berthe le dit. Il le savait. Un peu.
Le lundi suivant, il écrit. Enfin. Dix-huit heures moins deux. Berthe prend. Elle aligne. Il veut le grand. Le couple a déjà le grand. Avec un numéro. De samedi. Berthe l’a donné. Anatole regarde. Derrière l’armoire. Sa hampe attend. Encore. Le monument, lui, est déjà pavoisé. Par les autres. C’est déjà une cérémonie. Pas la sienne.