Le carnet du prêt de nappes

Repassées. Sinon, elles restent.
Odette tient le placard. Après une tache — un banquet, un samedi, plus de damas — Fernand, le président, impose le repassage. Pliées. Numérotées. Une note. Un crayon attaché. Elle aligne. On écrit. On prend. On rend. On barre. Personne n’a demandé le vin. Personne n’a demandé le dimanche. On a dit le numéro. On avait le numéro.
Un couple. Les nappes. Pas de carnet. Le crayon est là. Les carnets aussi. Dans le tiroir. Fermé. Fernand a la clé. Il dresse sa table. Jusqu’à midi. C’est sur la porte. Le couple attend. Debout. Les quiches aussi. Dans la voiture. Odette ne fabrique pas de numéro. Le placard non plus.
Midi deux. Fernand ouvre. Il veut le damas. Le communal. Le sien a taché. Pas de carnet. Odette applique. Sa règle. Il dit le président. Elle dit le numéro. Il écrit. Enfin. Trop tard. Les nappes passent. Froides. Les invités, eux, ont déjà mangé. Un peu.
Lundi, une ligne : comité, sans repassage, si déjà pressé la veille. Les siennes étaient tachées. Pas pressées. Odette le dit. Il le savait. Un peu. Il revient. Mardi. Pour repasser. Le damas est sorti. Le couple. Avec un carnet. Odette l’a donné. Fernand regarde. Derrière le comptoir. Sa nappe attend. Encore. C’est déjà un repas. Pas le sien.