Le carnet du prêt de tentes

Sèche. Sinon, elle reste.
Pierrette tient l’étagère. Après une moisissure — une toile, un lundi, plus d’odeur — Norbert, le président, impose le séchage. Une nuit. Local. Une note. Un crayon attaché. Elle aligne. On rend. On étale. On attend. On reprend. Personne n’a demandé le week-end. Personne n’a demandé la rosée. On a dit sèche. On avait sèche.
Un homme. La tente. Encore humide. Le crayon est là. Le carnet aussi. Ouvert. Sans visa. Norbert a le visa. Il campe. Jusqu’à lundi. C’est sur la porte. L’homme attend. Debout. Les sacs aussi. Dans la cour. Pierrette ne sèche pas plus vite. L’étagère non plus.
Lundi matin. Norbert ouvre. Il veut la tente familiale. La communale. La sienne est mouillée. Pas de visa. Pierrette applique. Sa règle. Il dit le président. Elle dit sèche. Il étale. Enfin. Trop tard. La tente reste. Humide. Le week-end, lui, est déjà fini. Un peu.
Mardi, une ligne : bureau, sans séchage, si jamais sortie. Celle-là est sortie. Samedi. Par lui. Pierrette le dit. Il le savait. Un peu. Il revient. Mercredi. Pour le visa. La tente familiale est sortie. L’homme. Sèche. Avec un visa. De mardi. Pierrette l’a donné. Norbert regarde. Derrière le comptoir. Sa toile attend. Encore. C’est déjà un campement. Pas le sien.