Le carnet du prêt de vaisselle

1 min de lecture

Un numéro. Avant les assiettes.

Huguette tient le local. Après un mariage — quarante assiettes, un samedi, plus de retour — Martial, le président, impose le carnet. Numéroté. Nom. Date. Une note. Un crayon attaché. Elle aligne. On écrit. On prend. On rend. On barre. Personne n’a demandé la soupière. Personne n’a demandé le dimanche. On a dit le numéro. On avait le numéro.

Un couple. Les assiettes. Pas de carnet. Le crayon est là. Les carnets aussi. Dans le tiroir. Fermé. Martial a la clé. Il dresse sa table. Jusqu’à midi. C’est sur la porte. Le couple attend. Debout. Les quiches aussi. Dans la voiture. Huguette ne fabrique pas de numéro. L’étagère non plus.

Midi deux. Martial ouvre. Il veut la soupière. La communale. La sienne a fêlé. Pas de carnet. Huguette applique. Sa règle. Il dit le président. Elle dit le numéro. Il écrit. Enfin. Quatre. La soupière passe. Tiède. Les invités, eux, ont déjà mangé. Un peu.

Lundi, une ligne : comité, sans carnet, si signé la veille. Martial signe. Trop tard pour celle-là. La suivante, oui. Il revient. Mardi. La soupière est sortie. Le couple. Avec un carnet. Huguette l’a donné. Martial regarde. Derrière le comptoir. Sa soupe attend. Encore. C’est déjà un repas. Pas le sien.