Le four communal

Le jeudi soir. La boîte. Pas le vendredi matin.
Paulette ouvre le four. Après un dimanche — trois tourtes, six heures, plus de braises — Anselme, le maire, tranche. On dépose le jeudi. Avant vingt heures. Une boîte numérotée. Il allume le vendredi. À six heures. Elle aligne. On glisse. On rentre. On revient. On récupère. Personne n’a demandé le pain du maire. Personne n’a demandé le vendredi matin. On a dit jeudi. On avait jeudi.
Une noce. La pâte. Vendredi à six heures cinq. Trop tard. Les boîtes sont déjà au four. Paulette montre la note. La pâte reste. Sur le banc. Le gâteau aussi, un peu. À l’église. Sans four. Anselme descend. Il voulait enfourner le sien. Le même matin. Elle refuse. Sa note. Il a allumé. Il n’a pas déposé. Il le savait. Un peu.
Il ajoute : élus, le matin même, si le four n’est pas chargé. Paulette note. Il l’a chargé. Lui-même. Six heures. Plein. Son pain attend. Dans sa boîte. Sur le banc. À côté de la noce. Les deux. Froids.
Le vendredi suivant, il dépose le jeudi. Enfin. Vingt heures moins deux. Paulette prend. Elle aligne. Le pain sort. Le sien. Presque trop cuit. C’est déjà une mie. La noce, elle, a acheté une génoise. En ville. On l’a su. On n’a rien dit. Le cahier, lui, a une ligne de plus. Élus. Si vide. Il n’est jamais vide.