Le jeton du boulodrome

Un jeton. Avant les lampes.
Berthe tient la caisse. Après une nuit — lampes jusqu’à l’aube, un samedi, la facture — Lucien, le président, impose le jeton. Métal. Une boîte. Une note. Elle aligne. On prend. On glisse. On joue. On rend. Personne n’a demandé l’heure en plus. Personne n’a demandé le comité. On a dit le jeton. On avait le jeton.
Un joueur. Les boules. Pas de jeton. La caisse est vide. Les six sont dans les compteurs. Occupés. Lucien est sur la piste trois. Berthe ne fabrique pas de métal. Le joueur attend. Assis. Les boules aussi. Sur le banc. Une demi-heure. Lucien sort. Il rend le sien. Le joueur glisse. Dix minutes. Trop juste. Les lampes coupent. Vingt-deux heures. C’est sur le panneau.
Dimanche, Lucien. Sa partie. Pas de jeton. Le sien est au club-house. Fermé. La clé est chez Berthe. Dans le tiroir. Pour les jetons. Pas pour le club-house. Berthe applique. Sa note. Il dit le président. Elle dit le métal. Il attend. Comme le joueur. Il ne dit plus exception. Il dit oubli.
Lundi, une ligne : comité, jeton personnel. Lucien l’écrit. Il n’en a toujours pas. Le personnel, c’est le sien. Au club-house. Encore. Berthe lui tend un des six. Il l’avait rendu. Il le reprend. Il glisse. Enfin. Les lampes, elles, restent éteintes. Le dimanche est fermé. C’est sur la porte. C’est déjà une partie. Sans lumière. Presque.